Entre organicité et image de marque, l’harmonie du Studio Valentin Abad

Produits de luxe, fleurs, terre et fruits se côtoient dans les images du photographe français Valentin Abad. Pour ses commandes à l’attention de marques de cosmétique, de bijoux ou de magazines, le photographe se nourrit de ses expérimentations artistiques personnelles. Sculpture et installation lui donnent l’espace nécessaire pour tester les possibles des éléments organiques qu’il mêle, comme un fil rouge, à ses travaux de commande. Pour Valentin Abad, la vitalité des fleurs et des fruits rendent les images de marque sensibles, palpables.

Studio Valentin Abad, Les Liants, 2018-2020, projet personnel

Quel événement signe la naissance du Studio Valentin Abad ?
Mon départ d’Akatre, le studio de création que j’ai co-fondé et développé via la photographie depuis plus de dix ans. Je ressentais le besoin de passer à autre chose, de me remettre en difficulté, de retrouver la fraîcheur et la spontanéité de mes débuts, tout en pouvant signer mes propres images. Aujourd’hui, c’est comme si je recommençais à zéro mais avec une expérience solide en photographie, une vision de ce que je veux faire et comment je veux le faire. Et au vue du démarrage, je me dis que j’ai bien fait.

Vous vous êtes spécialisé dans l’image de marque de luxe. À quoi ressemble votre sensibilité photographique ?
Ma sensibilité de l’image fixe vient à la fois de mon historique personnel et de mes centres d’intérêts parallèles à ma pratique. J’ai baigné dans la création par mon cercle familial qui pratique également des formes d’art, ce qui a ses bons et ses mauvais côtés. Je possède également une pratique artistique de sculpture et d’installation en dehors de la photographie de commande. Ces deux pans me permettent de dévoiler plus de mon intime et de continuellement explorer de nouvelles formes. La sculpture favorise chez moi un certain lâcher-prise, une évacuation de mes sentiments nécessaire pour ne pas être frustré lorsque je réponds à des commandes.

Aujourd’hui, les univers photographiques que je développe vont de plus en plus vers le sensible. Avant j’avais tendance à trop construire, à trop justifier les choses. Désormais, même si je place un cadre de création, la spontanéité prend la place prépondérante de l’image.

L’organique, que ce soit les fruits, mais aussi, les fleurs, tiennent une importance toute particulière dans vos images. Pourquoi ?
Les fruits et les fleurs sont des éléments tellement photogéniques auxquels il est difficile de résister. L’histoire de la nature morte le prouve. Chaque fleur ou fruit témoigne de quelque chose d’unique que je ne maîtrise pas. J’ai le sentiment que les fleurs humanisent les images de marque. Elles apportent de la sensibilité dans un premier temps, puis réchauffent l’image en supprimant la distance entre le regardeur et l’objet.

Pour votre projet personnel “Les Liants”, vous jouez avec une harmonie et une balance dangereuse de l’organique.
Les Liants est une série photographique personnelle que je fabrique depuis plusieurs années. J’essaie par la nature morte de tisser des liens, de l’interaction et du dialogue. Cette pensée je l’illustre en confrontant des éléments, notamment organiques que j’assimile à une forme vivante, et par extension à l’être humain.

En composition florale comme pour Debeaulieu, ou à l’unité comme dans Surréaliste, vous donnez une balance unique aux fleurs pour sublimer le produit sans le surpasser par leur beauté. Comment y parvenez-vous ?
C’est beaucoup d’entraînement. C’est une balance qui se fait ici avec des fleurs mais qui se fait également lorsqu’on compose une image. La fleur capte beaucoup de lumière et d’attention. Comme une couleur en peinture, il faut simplement réussir à la doser. Je ne préfère pas une fleur pour une autre. Elles ont toutes un intérêt très spécifique à être photographiées. J’ai tendance à aimer les fleurs fraîches et, en ce moment, spécifiquement, les tulipes perroquet.

Quels airs revêt votre projet rêvé ?
Shooter Johnny Halliday sur un poney entouré de fleurs, malheureusement je ne le réaliserai jamais. Plus sérieusement, même si j’aurais sincèrement adoré photographier Johnny, mon dream project serait plus de l’ordre d’un dream carrière, c’est-à-dire avoir la possibilité de shooter régulièrement dans de bonnes conditions. Cette longévité que je recherche dans ma pratique, elle m’est essentielle pour affiner mes propos et mes sens.

Studio Valentin Abad, Bijoux Charlotte Chesnais, Set design Juliette Zakowetz, Écuries de Chantereine, Cheveux : Loicia Tirel et Caroline Lamy
Valentin Abad w/Akatre, Debeaulieu, Direction artistique & Composition florales Pierre Banchereau (Debeaulieu)
Valentin Abad w/Akatre, Debeaulieu, Direction artistique & Composition florales Pierre Banchereau (Debeaulieu)
Valentin Abad w/Akatre, Debeaulieu, Direction artistique & Composition florales Pierre Banchereau (Debeaulieu)
Studio Valentin Abad
Studio Valentin Abad
Studio Valentin Abad
Studio Valentin Abad
Studio Valentin Abad
Studio Valentin Abad
Studio Valentin Abad
Studio Valentin Abad
Studio Valentin Abad
Studio Valentin Abad, Les Liants, 2018-2020, projet personnel
Studio Valentin Abad, Les Liants, 2018-2020, projet personnel
Studio Valentin Abad, Les Liants, 2018-2020, projet personnel
Studio Valentin Abad, Les Liants, 2018-2020, projet personnel
Studio Valentin Abad, Les Liants, 2018-2020, projet personnel
Studio Valentin Abad, Story Mini Chanel
Studio Valentin Abad, Surréaliste, Set design Juliette Zakowetz
Studio Valentin Abad, Surréaliste, Set design Juliette Zakowetz

Le site de Valentin Abad:
studiovalentinabad.com

© Studio Valentin Abad